Discours de Mgr Pontier aux Bernardins, 9 avril 2018

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur,
Madame la Ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’intérieur,
Madame la Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, auprès du Premier Ministre
Monseigneur le Nonce Apostolique,
Monsieur le Cardinal,
Monsieur le Vice-président du Conseil d’État,
Mesdames et messieurs les Élus,
Chers amis responsables de culte en France,
Chers confrères,
Mesdames, messieurs, chers amis,

Vous avez répondu positivement à notre invitation et je vous en exprime la reconnaissance des évêques de France, tout particulièrement, à vous, Monsieur le Président de la République. Votre présence nous honore et manifeste les relations anciennes et renouvelées entre l’État et l’Église Catholique. Cette rencontre est inédite et n’a pas nécessairement vocation à être renouvelée annuellement. Nous l’avons proposée dans la période où les catholiques, les chrétiens fêtent la Pâque, la résurrection de Jésus le Christ, la fête la plus importante de l’année, celle qui ouvre un horizon de vie au-delà de la mort à cause de la volonté du Dieu créateur qui aime toutes ses créatures. Nous puisons là une espérance éclairante qui nous amène à une absolue certitude en la dignité de tout être humain créé à l’image de Dieu.

A vrai dire, nous avons tous ici une ambition commune ou une responsabilité partagée : celle de contribuer, chacun selon son statut, à la qualité de la vie commune dans ce pays qui est le nôtre et que nous aimons, la France. Notre pays a apporté sa contribution à l’avancée des idées et à l’avènement de sociétés plurielles. Sa devise « Liberté, Égalité, Fraternité » résonne comme une dynamique sage et porteuse de bonheur, mais aussi comme une tâche toujours à reprendre ou à consolider, tellement la recherche de l’intérêt personnel peut entraver celle du bien commun.

Lire la suite...

Déclaration des Evêques de France aux agriculteurs

 Comme en 2016, une délégation d’évêques se rendra au Salon International de l’Agriculture de février 2018.   Témoins à la fois de la passion avec laquelle les agriculteurs exercent leur métier et des difficultés auxquelles ils sont confrontés, les évêques veulent ainsi leur manifester leur proximité, leur attention et leur soutien.

 

"Nous savons que la crise agricole que vous traversez est toujours là, profonde, complexe et multiforme. Beaucoup parmi vous souffrent et s’inquiètent pour leur avenir. Face à cette réalité, nous ne pouvons pas nous satisfaire des approches et des discours marqués par la situation de l’après-guerre et les années de forte croissance économique et d’amélioration des conditions de vie qui l’ont suivie. Aujourd’hui, nous mesurons à quel point les temps ont changé. Notre rapport au monde, au travail, à l’économie, à la technologie, à la terre, à la création soulève bien des questions et nous met devant de nouveaux défis, dont celui du respect de l’environnement, que nous sommes appelés à relever tous ensemble.

Ces défis dépassent votre seule profession : ils nous concernent tous et ils ont une dimension internationale. Ils nous interrogent notamment sur la société que nous voulons pour aujourd’hui et pour demain. Ils nous conduisent aussi à questionner les processus économiques tant mondiaux que locaux, pour que soit mieux pris en compte tout ce qui touche à la sauvegarde de notre maison commune et à son avenir. Et nous ne voulons pas ignorer vos solitudes et vos inquiétudes devant ces défis universels.

Mais alors, quelle agriculture voulons-nous pour demain ? Quels changements et conversions devons-nous opérer dans nos modes de vie ?

Nous ne pouvons pas nous résigner à un avenir incertain pour l’agriculture.  Voilà pourquoi, comme pasteurs de l’Église catholique, nous voulons vous adresser un message de soutien.

Nous croyons qu’il est vital que le travail agricole soit reconnu par l’ensemble de la société. Cette reconnaissance doit passer par une juste rémunération de votre travail, ce qui, hélas, n’est pas le cas dans bon nombre de filières. Votre travail permet de produire ces aliments dont nous avons tous besoin pour vivre. L’agriculture doit garder sa noble mission : offrir une nourriture de qualité, la plus accessible à tous, et contribuer à l’entretien des espaces ruraux auxquels nous sommes tant attachés.

Lire la suite...

Ces villages qui se soucient de leurs églises...

Une journée de sensibilisation a réuni, la semaine dernière à Lyon, une centaine de maires et de curés. Sécurisation, restauration, aménagement : cette rencontre a éclairé le rôle de chacun...

 

Qu’est-ce qu’une église ? La réponse dépend de l’interlocuteur. Pour ce conseiller municipal de Lamure-sur-Azergues, c’est d’abord « un ERP ». Comprendre un « établissement recevant du public », traduit l’élu, soucieux de sa mise aux normes. Pour le maire de Vaux-en-Beaujolais, une commune rurale de 1 100 habitants, c’est une ligne budgétaire. « Je préfère ne pas dire à mes administrés combien elle leur coûte, explique Jean-Charles Perrin. On y célèbre trois messes par an, quelques enterrements et baptêmes. Il faut faire preuve de pragmatisme. »

Cent vingt élus et curés se sont retrouvés la semaine dernière à Lyon avec leurs interrogations, lors d’une journée les invitant à « agir ensemble pour les églises ». Certes, « les relations entre les propriétaires des églises et les affectataires sont excellentes », comme l’a souligné Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire du diocèse de Lyon.

Un plan d’installation de caméras de vidéo-protection

Et, malgré les difficultés, « les élus sont fortement attachés aux lieux de culte », a insisté Claire Peigné, présidente de l’Association des maires du Rhône. L’objet de la journée consistait donc plutôt à mettre de l’huile dans les rouages là où les choses peuvent coincer entre les différents acteurs. Comme sur la sécurité.

Les référents de la gendarmerie et de la police nationale recommanderaient volontiers, comme l’a fait le major Patrick Brayer, de « fermer à clé les églises quand elles ne sont pas utilisées ». Car « la réponse pénale est plus sévère quand un vol est commis avec effraction », a justifié pour la police nationale Carine Rouvière, qui réalise des diagnostics de sécurité à la demande des paroisses. Mais l’un et l’autre ont bien conscience de demander l’impossible. Alors ils ont plutôt insisté sur les mesures de prévention à prendre.

L’une d’entre elles consiste à dresser un inventaire dans les cinq cents églises du diocèse, bien au-delà des 3 500 objets protégés au titre des monuments historiques, pour mieux les identifier en cas de vol. Pour l’heure, seule une dizaine d’églises ont fait l’objet d’un inventaire systématique… Pour prévenir les vols, un plan d’installation de caméras de vidéo-protection a été lancé. Et les statues sont systématiquement scellées après leur retour de restauration.

Lire la suite...

Etats généraux de la bioéthique : quel monde voulons-nous pour demain ?

Nous reproduisons ici un communiqué de presse de la Conférence des Evêques de France daté du 7 février 2018.

 

Depuis le 18 janvier, les débats des États généraux de la bioéthique ont commencé. Leur objectif est simple : permettre à tout citoyen de s’éclairer sur les avancées scientifiques et techniques concernant la bioéthique, se forger un avis et l’exprimer. Ces expressions devront ainsi éclairer les responsables politiques qui porteront la révision de la loi à la fin de l’année 2018. Si l’objectif est simple, les enjeux sont complexes et graves. C’est pourquoi, tous sont invités à participer à ces débats par le dialogue afin de rechercher les voies les plus justes.

L’Église catholique entend prendre sa place et répondre, elle aussi, à la question de fond que ces États généraux nous posent : quel monde voulons-nous pour demain ?

 

Débattre et comprendre

Ainsi, grâce notamment au travail réalisé par le groupe d’évêques et d’experts présidé par Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, nous invitons les catholiques, ainsi que tous les hommes et femmes de bonne volonté, à une prise de conscience des enjeux que ces nouvelles techniques soulèvent.  C’est le respect de l’être humain dans sa dignité et sa vulnérabilité qui est en jeu ; c’est aussi notre société qui est concernée dans son respect de la vocation séculaire de la médecine.

Dans les diocèses, les paroisses, les aumôneries, les mouvements, les associations, les familles, il s’agit de sensibiliser chacun par l’explication et la formation, afin que la raison et la foi chrétienne portent ensemble une juste vision de l’humanité. Cette vision, déjà largement partagée par le bon sens de beaucoup, doit permettre de regarder avec confiance l’avenir en comprenant le bien des recherches scientifiques et en ne cédant pas aux sirènes idolâtres de la toute-puissance.

L’homme se sait tout autant habité par la transcendance que par le désir de savoir ; il est foncièrement animé par le besoin de prendre soin des autres.  Et nul doute que la figure du « bon samaritain » est universelle et demeure un guide pour la mise au point et l’usage des techniques biomédicales et des technosciences aujourd’hui et demain.

Comprendre et s’exprimer

Lire la suite...

Les chrétiens et l'Europe

 Le 28 octobre 2017, le pape François a été invité par la COMECE à s'exprimer sur le thème "(Re)-penser l'Europe : une    contribution chrétienne à l'avenir européen". Voici quelques extraits de son intervention.

 "La première, et peut-être la plus grande contribution que les chrétiens puissent offrir à l’Europe d’aujourd’hui, c’est de lui rappeler qu’elle n’est pas un ensemble de nombres ou d’institutions, mais qu’elle est faite de personnes.

 Malheureusement, on remarque comment souvent tout débat se réduit facilement à une discussion de chiffres. Il n’y a pas les citoyens, il y a les suffrages. Il n’y a pas les migrants, il y a les quotas. Il n’y a pas les travailleurs, il y a les indicateurs économiques. Il n’y a pas les pauvres, il y a les seuils de pauvreté. Le caractère concret de la personne humaine est ainsi réduit à un principe abstrait, plus commode et plus apaisant.

On en saisit la raison : les personnes ont des visages, elles nous obligent à une responsabilité réelle, active ‘‘personnelle’’ ; les chiffres nous occupent avec des raisonnements, certes utiles et importants, mais ils resteront toujours sans âme. Ils nous offrent l’alibi d’un désengagement, parce qu’ils ne nous touchent jamais dans la chair.

Reconnaître que l’autre est surtout une personne signifie valoriser ce qui m’unit à lui. Le fait d’être des personnes nous lie aux autres, nous fait être communauté.

Donc, la deuxième contribution que les chrétiens peuvent offrir à l’avenir de l’Europe est la redécouverte du sens d’appartenance à une communauté. Ce n’est pas un hasard si les Pères fondateurs du projet européen ont choisi précisément ce mot pour identifier le nouveau sujet politique que se constituait.

Lire la suite...