Laïcité : Faudra-t-il (re)faire une religion d'Etat ?

Le 24 novembre dernier, Mgr Hippolyte SIMON, archevêque de Clermont-Ferrand, nous faisait parvenir ses réflexions sur la séparation des Eglises et de l'Etat. Ce texte a été partiellement publié dans le journal La Croix du 3 décembre 2015.

 

La France tout entière est en deuil et le monde civilisé partage notre douleur. Une génération – celle de mes petits-neveux- découvre  ce que signifie le mot guerre dans la réalité de la vie quotidienne. Cet apprentissage est brutal, au sens le plus  fort du mot, il est terrifiant.

Mais la souffrance que nous partageons tous ne peut pas servir d’alibi à la paresse de la pensée.  Je me permets donc d’appeler ici à un peu plus de rigueur dans la réflexion.

En effet, à  lire ou  à entendre certaines injonctions  des responsables politiques de notre pays,  je me pose la question de savoir comment ils comprennent cette  « laïcité » qu’ils invoquent quotidiennement. J’ai vraiment l’impression que certains responsables politiques ont la mémoire courte. Manifestement, ils  n’ont pas lu ce qui devrait être leur livre de chevet en ce domaine, le Rapport parlementaire d’Aristide Briand,  en mars 1905.

Aristide Briand, relisant l’histoire de France depuis Clovis, montrait à quel point la Révolution Française s’était trompée en voulant faire une religion d’Etat, sur la base de la Constitution civile du clergé.  Et c’est la  raison pour laquelle il préconisait de rompre avec cette longue tradition gallicane de soumission  de l’Eglise de France  au pouvoir politique. Raison pour laquelle il  proposait, à  juste titre, non plus de séparer  l’Eglise de France de la Papauté, mais de séparer  tout simplement l’Eglise et L’Etat.

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Mgr Leborgne (Amiens) : "Espérer en politique"'

Le 1er décembre, Mgr Olivier LEBORGNE, évêque d'Amiens (80), s'est adressé aux catholiques de la Somme. Nous publions ici sa lettre.

" Les élections régionales 2015 vont avoir lieu dans un contexte particulièrement tendu. Les attentats récents se surajoutent à une situation économique et sociale, nationale et internationale déjà difficile et anxiogène.


La peur peut être paralysante. Elle peut être aussi constructive et pousser à se surpasser, à entreprendre
des actions nouvelles et déterminées.


Sur cette toile de fond, la restructuration administrative des régions peut être vécue comme une perte d’identité et de proximité, et provoquer un malaise diffus. Elle peut aussi être source de nouvelles coopérations, d’ouverture et d’un nouveau départ.


Les élections régionales interpellent les chrétiens comme tous les citoyens. Alors que certains médias risquent parfois de favoriser la dictature de l’émotion et des petites phrases, la tradition chrétienne propose un certain nombre de repères nécessaires à la vie en société :

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Elus, serviteurs de la Fraternité

Après les événements tragiques que la France vient de connaître un besoin d 'union nationale  a surgi face aux peurs et aux violences qui se multiplient. Certains craignent qu'à ce moment exceptionnel incarné par les manifestations du 11 janvier succède un retour rapide aux divisions partisanes, culturelles, sociales ou religieuses ; un retour d'autant plus brutal et périlleux que les aspirations auront été élevées.

 

Dans cette crainte il est en particulier redouté que le résultat en soit un nouvel élan donné a un parti qui s est tenu loin de cette communion éphémère;  si c est le cas il faudra en tirer la conclusion qu'au delà de la bataille électorale, le Front National a déjà gagné la bataille des idées ;  et que, comme le mal tapi au cœur de Caïn, les plus mauvais travers de l'âme humaine viennent miner la Fraternité, cette valeur si souvent oubliée de la devise française.

 

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